Contrat Local de Sécurité : du constat de méfiance au contrat de confiance
Sur les 36 communes qui composent notre département, en termes de délinquance sur les crimes et délits, la Ville de Puteaux occupait le sixième rang en 2003, ce qui au sein d’un département relativement « calme » est une note rassurante. Police municipale, Contrat Local de Sécurité, Citoyens Volontaires, tout à Puteaux semble mis en œuvre pour faire de notre commune : la ville où il fait bon vivre…
Tranquillité donc, jusqu’ à devenir ville fantôme, comme le disent ironiquement certains gardiens de la paix de Seine-Saint-Denis, qui observent le contraste avec leur réalité quotidienne. Pourtant cette paix sociale ne tient pas que sur une action de sécurité publique.
Lors du Conseil Municipal du 21 Juin 2007 était évoquée, l’affaire du racket de jeunes enfants près du Square du Puits. La réponse du Maire fut claire : pas d’éducateur de rue à Puteaux sur un travail revenant à la Police Municipale, en mettant l’accent sur la responsabilité (complicité passive) des parents des racketteurs. La ville ne prend donc pas ses responsabilités en termes de médiation sociale et masque ainsi une partie de la vérité.
Sur cette affaire comme sur le déficit de la ville en matière de prévention sociale, les seules sources d’informations pour les citoyens ne viennent que de l’opposition municipale, de MonPuteaux et les associations de parents d’élèves Peep ou Fcpe.
Récemment encore, un autre parti d’opposition s’est interrogé sur les récentes dégradations survenues rue Cartault (vitres de véhicules) cassées, en mettant en avant la question : Que fait la police ?
En écho, il conviendrait de reformuler cette question en : Quels sont les choix politiques engagés par la municipalité pour assurer la sécurité de ses concitoyens ?
BUGDET MUNICIPAL 2007 CONSACRE AU POSTE « SECURITE »
Cette année, les sommes globales allouées au poste SECURITE se sont élevées et sont réparties en :
Budget de fonctionnement : 3.417.070 € (dont 95% pour la Police Municipale, 3% pour les Pompiers, la prévention incendie et les secours et à 2% pour l’Hygiène et la salubrité publique).
Budget d’investissement : 1.088.008 € (dont 67% pour la Police Nationale, 17% pour la Police Municipale et 16% pour les Pompiers, la prévention incendie et les secours).
Source : Budget officiel Ville de Puteaux
Concrètement en 2007, la Ville de Puteaux a consacré 0,00 € (soit 0,00 %) au titre des actions de prévention de la délinquance.
Fort de ce constat et des efforts plus que limités engagés par l’actuelle majorité municipale, il convient d’adopter une démarche démocratique et républicaine pour proposer et agir sur les questions de sécurité.
Il existe un nombre assez important de réformes et de mesures simples qu’il convient d’adopter pour que le bon sens entre en action et que nous ne nous placions plus en position de simples observateurs.
SOLUTIONS ADAPTEES ET ADAPTABLES
Comme nous avons tenté de le démontrer ci-dessus, la prévention se présente comme un facteur déterminant dans la lutte contre toutes les formes de délinquance. En ce sens, le Contrat Local de Sécurité actuel doit subir un certain nombre de modifications en y ajoutant des avenants concernant la prévention et la médiation sociale.
a) Les médiateurs sociaux plutôt que les Citoyens Volontaires
Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur et Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, avait initié l’idée des Citoyens Volontaires. Ces citoyens devaient assurer un rôle de médiation sociale auprès des habitants, reprenant ainsi le travail de personnes formées à cette tâche, à une exception près qu’ils ne disposaient d’aucune formation et d’aucune expérience pour assumer leur mission.
Puteaux avait répondu présent en recrutant quelques volontaires parmi les putéoliens. Cette expérience s’est vite révélée sans intérêt puisqu’aucun rapport d’évaluation n’a été présenté par la municipalité et que les « citoyens volontaires », demeurent invisibles sur le terrain !
Il convient donc d’envisager une re-professionnalisation de la médiation sociale à Puteaux à l'image de ce qui est proposé par la ville d'Igny (91), en confiant la surveillance des espaces publics à des personnes formées pour cela et conscientes des réalités du terrain.
b) Une communication municipale de sensibilisation
« Mieux vaut prévenir que guérir » dit-on. Vieil adage qui trouve ses limites dans la communication filtrée et expurgée que la Ville présente à ses habitants dans son bulletin municipal ou par le détournement de campagnes nationales (comme cela a été le cas pour la lutte contre le SIDA en janvier 2005 avec le détournement de l'œuvre de Pierre Maraval).
Pourtant la sécurité est indiscutablement couplée de près ou de loin aux questions de santé. Sur ce point, il faudra compter sur des campagnes de sensibilisation réelles et non suggérées comme c’est le cas aujourd’hui.
Les risques liés : à l’absorption de substances toxiques et psycho-actives (cannabis, cocaïne, LSD….), aux maladies sexuellement transmissibles (Hépatites, SIDA, MST…), aux différentes formes d’addiction (alcool, tabac, jeux…), à la prévention routière et à lutte contre la cyber et pédocriminalité, doivent être ouvertement et clairement traités.
Tous ces sujets trouveront leur place dans les pages du Puteaux-Infos et feront l’objet de campagnes d’affichages axées en direction des publics concernés. Ce dispositif sera complété par la tenue régulière de colloques ou de conférences.
Liens utiles : Mission Interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie - Drogues & Dépendances - Info Santé 92 (maladies sexuellement transmissibles) - Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé (INPES)
c) Engagements fermes contre toutes les formes de violence et de discrimination
La loi très contreversée sur la réforme de la carte judiciaire a épargné la Ville de Puteaux, qui conserve son Tribunal d’Instance, à ce titre elle se doit d’être exemplaire en renforçant notamment ses actions en faveur du droit des victimes (juridiques et psychologiques).
- En mettant l’accent sur les risques liés aux violences intrafamiliales (violence faîtes aux enfants ou aux femmes). Une cellule de médiation conjugale existe déjà à Puteaux, elle doit enrichir et compléter ses domaines d’action.
- En mettant en place un espace de conciliation et de concertation entre les enfants et les parents en grande difficulté.
- En renforçant son travail sur la question de la violence scolaire (verbale et comportementale) et des jeux dangereux dans les cours de récréation (jeu du foulard..). Ce point relève du principe de la veille éducative déléguée aux acteurs locaux de l’éducation.
- Et en s’engageant à mener une lutte active et effective contre toutes les formes de discriminations ayant rapport avec : les origines sociales ou ethniques, l’orientation sexuelle ou la pratique d’un culte. La stricte parité entre les hommes et les femmes doit être valorisée.
Autres liens utiles : Institut National d'Aide aux Victimes et de Médiation (Inavem) - Tout savoir sur les Droits de l'Enfant - Allô 119 - Observatoire National de l'Enfance en Danger (Oned)
d) La vidéosurveillance
Si la délinquance zéro n’existe pas, il faut redoubler de vigilance. Chaque atteinte physique aux biens et aux personnes ou les dégradations volontaires sont des actes intolérables qui doivent être réprimés et sanctionnés.
En cela, les caméras de vidéosurveillance constituent un outil préventif de sécurité publique dont il ne faut pas se priver. Ne pas s’en priver sans en abuser au risque de provoquer un effet pervers et inverse. La fantaisiste volonté affichée de la municipalité de se doter d’un parc de 350 caméras à l’origine du projet en 2002/2003, était un projet totalement surdimensionné et dont le coût total n’aurait jamais trouvé d’amortissement en termes de rendu de sécurité.
La vidéosurveillance est utile et bénéficie aux habitants, lorsqu’elle couvre des zones qui le nécessitent (parkings et passages souterrains, passages peu ou pas accessibles, parcs et squares et édifices accueillant des enfants). Les putéoliens doivent la considérer comme une alliée objective de leur sécurité et non comme un outil de restriction de leurs libertés individuelles. Une multiplication de caméras sur le territoire communal ne constitue pas une réponse à l’insécurité si aucune action préventive n’est engagée sur le terrain.
Cette vidéo-protection se révèle efficace lorsqu’elle est associée au travail d’une vraie police de surveillance « en patrouilles » ou « d’ilotage ».
e) La Police Municipale
Les missions de la Police Municipale –placée sous la responsabilité directe du Maire de la commune- sont d’un autre ordre et concernent l’application stricte des arrêtés municipaux, la sortie des écoles ou l’encadrement des manifestations.
Dans certaines villes (Neuilly Plaisance) la Police Municipale assure différentes tâches : accompagnement de personnes handicapées ou personnes âgées qui souhaitent effectuer des déplacements dans la ville (banque, médecin, pharmacie..). Pour ce faire, la ville a équipé sa Police de véhicules pouvant prendre en charge les personnes en fauteuils roulants. Un exemple parfaitement adaptable chez nous malgré les réticences exprimées lors du Conseil Municipal du 12 décembre 2007, liées à l’investissement que représente un tel équipement.
Une police de proximité et de prévention de la sécurité publique : une prévention civique et sociale. Bien sûr il ne faut pas négliger le travail de maintien de l’ordre public et mettre tout en œuvre pour faire encore reculer le sentiment d’insécurité.
Les polices municipale et nationale ne peuvent être opposées l’une à l’autre, puisqu’elles sont complémentaires et que leurs missions sont différentes. Leurs actions sur le terrain doivent donc être coordonnées et ne pas se chevaucher.
Les missions de la Police Municipale seront redéfinies de façon à lui assurer une visibilité et une reconnaissance auprès de la population. En devenant une véritable Police de proximité cela lui permettra de tisser des liens avec les habitants tout en leur apportant un sentiment de sûreté. Nous savons les personnes âgées ou les mamans avec de très jeunes enfants, très sensibles à cette surveillance accessible.
Son rôle sera déterminant pour installer une relation de confiance avec les jeunes, dont les regroupements attirent souvent la méfiance ou la crainte des riverains, permettant ainsi de dénouer les éventuels nœuds de tension.
Puteaux se donnera les moyens d’appliquer une sécurité préventive
Puteaux n’est pas une ville vierge de toute délinquance. La délinquance zéro n’existe pas et cet objectif ne peut-être atteint par une politique répressive dénuée de toute action liée à la prévention de la sécurité publique.
Cet effort nécessite d’y consacrer des moyens… un minimum de moyens, et certainement pas de présenter un budget municipal où pas le moindre centime d’euro n’est dépensé pour assurer une politique capable de s’attaquer à la délinquance et aux violences physiques et psychologiques.
La synthèse de ces propositions entre au cœur d’un nouveau Contrat Local de Sécurité. Le sujet est vaste et s’ancre profondément dans une volonté de paix sociale, et cela bien au-delà de nos seules frontières communales.
Si le souci de tous est de veiller à une véritable cohésion sociale en visant le vœu pieu d’une éradication des maux qui baignent notre société, cela passe également –et plus particulièrement à Puteaux- par une volonté d’insertion des personnes en difficulté et non d’une exclusion sociale devenue presque coutumière.
L’équipe de Puteaux Ensemble
D’autres liens pour cette contribution ? Pages sécurité de MonPuteaux – Blog Surveillons le VidéoSurveillance à Puteaux – Site de la Préfecture des Hauts de Seine – Portail du Ministère de l’Intérieur – Dossier vidéosurveillance dans Service Public – Dossier médiation sociale sur le site du Ministère de la Ville – Site de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (H.A.L.D.E.)







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