Parcs et Jardins : "La respiration de notre milieu urbain" par Valérie Saliou et Bruno Lelièvre
Dans notre paysage urbain, les parcs et jardins sont une respiration. Outre leurs atouts écologiques (aération, réduction de la chaleur, régulation de l'hygrométrie, limitation des pollutions…), ils incitent les gens à sortir de chez eux. Lieux d’échange et de mixité, ils sont essentiels à la vie de la cité.
Sur ce point, Puteaux offre une configuration originale. D’une part, l’île de Puteaux, avec le Parc Lebaudy classé, est un espace relativement préservé. Cet espace peut d’ailleurs être amélioré, notamment concernant la mise en valeur de la Seine, la végétalisation, la question du bruit ou l’accès. D’autre part, le reste de la ville manque cruellement de parcs et de jardins. Passez à 17 heures un (beau) jour de semaine, dans le square de l’avenue Gutenberg ou celui de la rue de la République, et comptez le nombre d’enfants au mètre carré !
Mise en œuvre d’une politique d’espaces verts cohérente et volontariste
On se rappelle l’épopée du square Offenbach. En 2005, malgré la mobilisation des riverains, la mairie a détruit un square ancien, porteur d’histoire et élément de biodiversité, comprenant des arbres classés remarquables, pour construire un parking souterrain, tout en promettant de replanter un jardin totalement artificiel. Trois ans plus tard, le parking est souvent vide et le « nouveau parc » n’est toujours pas aménagé.
Un « jardin des senteurs » ici, une bambouseraie là, des vignes, quelques jardins familiaux de luxe ou « une trouée verte » ailleurs… pour faire «écolo», la municipalité lance des actions ponctuelles, coûteuses et sans cohérence. Il s’agit surtout d’opérations de communication et d’apparat !
Il est urgent de mener une réelle politique des espaces verts. Avant tout, il faut déclarer que les parcs et jardins sont une priorité à Puteaux. Cette décision n’est pas anodine, elle signifie sortir de la logique actuelle du tout béton et de la spéculation immobilière. Imaginons comme le cœur de notre ville aurait été plus agréable si un jardin paysager avait été réalisé à la place de la médiathèque !
Multiplication des espaces verts
Il faut se fixer des objectifs ambitieux de superficie d’espace vert par habitant (hors île de Puteaux).
Diverses mesures peuvent être envisagées, par exemple, conditionner l’octroi de permis de construire à la création de 20 % de la superficie construite en espaces verts. Cet engagement pourrait être inscrit dans le PLU (plan local d’urbanisme).
La ville peut également signer le « Contrat de préservation de l’arbre » du Conseil Général. Elle s’engagerait ainsi à valoriser son patrimoine naturel, et notamment ses arbres remarquables.
Gestion écologique des espaces verts
Il faut cesser d’envisager les espaces verts de manière purement « décorative », et de les surcharger de fleurs, de plantes en pots, de fontaines, de grilles et autres gadgets coûteux… Portons un autre regard sur les jardins et considérons-les comme de réels espaces de nature dans la ville, axés sur la préservation des ressources et le respect de la biodiversité !
Les actions possibles sont par exemple les suivantes :
- diminution du recours aux produits phytosanitaires, engrais et pesticides de synthèse, amélioration des systèmes d’arrosage pour une gestion rationnelle de l’eau,
- respect des mini-écosystèmes,
- choix de végétaux favorisant la biodiversité et tenant compte de la flore existante,
- diminution du fleurissement à fort entretien (eau, énergie, travail) et remplacement par des massifs permanent dont les fleurs ou arbustes suivent le cycle des saisons. Clairement, les palmiers en pot de l’avenue Jean Jaurès sont l’exemple à ne pas suivre !
- démarche de haute qualité environnementale pour les bâtiments éventuellement présents dans ces espaces verts,
- création de toitures et de murs végétalisés, de zones de compostages pour la ville,
- utilisation d'enrobé drainant pour les allées et cours afin d'éviter le ruissellement des eaux de pluies, pour mieux remplir les nappes phréatiques…
Biodiversité, énergies renouvelables, gestion de l’eau : le parc du Chemin-de-l’Île, à Nanterre est un bon exemple de parc écologique et de développement durable.
On peut imaginer l’élaboration d’un Schéma Directeur des Espaces Verts (éventuellement intégré dans une Charte de l’environnement). Un tel schéma, déjà mis en œuvre dans certaines villes (par exemple à Aurillac dans le cadre de l’Agenda 21), définit les principes de gestion des parcs et jardins et veille au respect des milieux naturels.
Parallèlement à ces actions, il est indispensable de développer l’éducation à l’environnement pour une meilleure connaissance du patrimoine naturel.
Valérie Saliou et Bruno Lelièvre
D'autres liens pour cette contribution ? Pages environnement du site municipal - Pages environnement et espaces verts de MonPuteaux - Pages environnement transports du site du Conseil Général 92 - Agence des Espaces Verts du Conseil Régional d'Ile de France - Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable







Bonjour,
Pour apporter mon grain de sel : je trouve qu'il faudrait rajouter quelques jeux d'enfants dans le Parc Lebaudy de l'île de Puteaux.
Il est exceptionnel d'avoir un parc comme celui-là dans notre ville, il faut donner les moyens d'en profiter!
L'idée de la passerelle est excellente, loin d'être un gadget à mon avis, j'espère sincèrement que cela pourra être fait.
Sans la passerelle, le parc est trop loin pour s'y rendre après l'école par exemple, ce qui contribue à la surpopulation des petits parcs comme ceux de la mairie.
Je trouve également que ce parc ferme trop tôt en été. Je ne sais plus exactement à quelle heure, mais je sais que nous n'avons pu y faire un picnic un soir de l'été dernier car il fermait alors qu'il faisait encore jour. Ca, c'est vraiment dommage !
Rédigé par: Jo | le mercredi 28 novembre 2007 à 14h27